Découverte : La Belgariade de David Eddings

La Belgariade est une saga de l’auteur américain David Eddings, comprenant cinq tomes. Comme toute bonne saga fantastique qui se respecte, l’oeuvre possède son propre monde merveilleux, avec ses noms imaginaires, ainsi que son panthéon et sa mythologie, le tout promettant un voyage mémorable.

Afin de ne pas (trop) spoil et de laisser aux futurs lecteurs le plaisir de la découverte, nous allons nous concentrer sur quelques éléments du tome 1, “Le Pion blanc des présages”. Celui-ci débute par une sorte de conte narrant la naissance des royaumes, qui dévoile l’identité de celui qui semble avoir le rôle du grand méchant, et bien sûr une bonne petite prophétie comme on les aime. De quoi donner envie de continuer à tourner les pages.

Le méchant est un Dieu du nom de Torak, défini comme beau et appelé par ses fidèles “Dieu des Dieux”, il n’appréciait rien tant que les destructions, les louanges et les sacrifices en son honneur (certains y verront peut-être un rapport avec Sigvald le Magnifique, de l’univers Warhammer). Un jour pourtant, il appris que son frère Aldur (un Dieu lui aussi), avait conçu un orbe d’une puissance sans précédent, et décida de la lui voler. S’ensuivit alors une grande guerre, chaque Dieu commandant un peuple, ils s’allièrent tous contre leur frère Torak, et durant une bataille mémorable, ce dernier déchaîna les pouvoirs de son nouveau jouet, détruisant les montagnes, soulevant la mer, et dispersant la terre (ce qui créea différents continents).

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Evidemment le karma finissant toujours par rattraper les vilains, et l’orbe, doué d’une volonté propre, finit par se retourner contre son nouveau propriétaire et le défigurera. Torak, rendu fou par la douleur, décida d’enfermer l’objet non loin de lui pour pouvoir le couver du regard tous les jours avant de s’enfuir de peur d’être détruit à tout jamais (chacun ses loisirs). Seulement voilà, l’histoire ne pouvant pas s’arrêter là, un groupe de héros s’introduisit chez lui, déroba l’orbe, et la confia au seul parmi eux ayant un cœur pur, et dont les descendants seraient chargés de veiller sur lui afin que jamais il ne retombe entre les mains du Dieu maléfique. Les autres Dieux, conscients qu’un autre affrontement contre leur frère détruirait le monde, décidèrent de quitter celui-ci, et de laisser son destin entre les mains de ses habitants, les hommes. Il fut déclaré que tant que les hommes posséderaient l’orbe, Torak ne pourrait jamais dominer le monde.

L’histoire nous emmène ensuite à la rencontre de Garion, un enfant qui semble assez commun, mais entouré de mystères qui ne feront que s’épaissir au fur et à mesure. L’auteur nous plonge directement à ses côtés, nous permettant de le voir grandir, se forger un caractère, commettre des erreurs et avancer malgré tout. Le choix de la narration interne nous oblige à adopter son point de vue, mais renforce également le lien entre le lecteur et le personnage. On se surprend parfois à être en colère lorsque le jeune garçon est traité injustement par sa Tante Pol, sorte de gardien qui veille sur lui et s’assure de sa sécurité, souvent au détriment des envies de Garion. Par la suite, d’autres personnages emblématiques comme un vieux conteur mystérieux viendront s’ajouter à son entourage, amplifiant le mystère.

Le récit finira par s’emballer avec l’arrivée d’un autre protagoniste, à l’identité tue. Garion sera dès lors entraîné dans une course poursuite à l’objectif incertain, mais que l’on sent d’importance. L’auteur instille chez le lecteur cette impression qu’il se passe quelque chose à travers l’adolescent qu’est le héros. La narration nous laisse au même niveau de connaissance que celui-ci, si bien qu’on a toujours hâte que sa curiosité le pousse à poser des questions. Hélas, souvent il sera rabroué par sa Tante Pol, qui semble le protéger autant des dangers, que de la connaissance et de lui-même.

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Cette course-poursuite va devenir le fil conducteur du récit, on rencontrera petit à petit d’autres personnages qui viendront former une bande hétéroclite d’aventuriers en cavale, prenant mille précautions contre un ennemi que l’on devine omniprésent, mais dont on ne sait pourtant rien.

Le grand intérêt du livre reste tout de même de pouvoir observer la naissance du héros, son apprentissage du bien, du mal, des valeurs qui feront de lui “un homme”. Son voyage lui offre l’opportunité de faire des choix, et ces choix seront pour lui comme un apprentissage de la vie. On retrouvera souvent Garion livré à lui-même, et le lecteur se surprendra à espérer silencieusement qu’il fasse “le bon choix”.

C’est là le tour de force qu’a réussi David Eddings, nous faire entrer dans la vie de Garion, en même temps que celui-ci entre dans la notre, de personnage il devient un compagnon de voyage, et nous aussi nous nous retrouvons à chevaucher à ses côtés dans la nuit, à la poursuite d’un mystérieux opposant dans une quête dont on ignore les tenants et aboutissements.

 

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