The Hobbit et The Lord of the Ring, un écart de génération.

Lorsque Tolkien écrit The Lord of the Rings, il s’adresse à un public adulte. Les tomes se centrent autour de l’anneau, le précieux, l’unique, mais un monde entier se construit autour, nous présentant une myriade de personnages et de villes à observer. Ces aventures, cependant, ne sont que la suite de celles de Bilbo dans Le Hobbit. Le lien temporel peut alors facilement nous convaincre d’une fluidité, mais il faut rapidement s’en détacher: les deux oeuvres cultivent autant de similitudes que de différences. Le Hobbit s’dresse en effet à un public jeune, et c’est son fort succès qui poussera les éditeurs à demander une suite, qui sera Le Seigneur des Anneaux, le Silmarillion ayant été refusé.

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La littérature jeunesse est un vaste terrain aux frontières floues. Il est difficile d’en donner une définition précise, mais nous pouvons observer une convergence de codes. L’intention de l’auteur et de l’éditeur peut bien sûr faire foi, et Tolkien lui même voyait son oeuvre comme destinée aux adolescents. Les éléments internes sont toutefois plus parlant. Le ton du Hobbit est léger, et donc accessible, et la lecture parait propice au enfants. En effet, l’intrigue se concentre sur Bilbo, évitant donc de perdre un lecteur dilettante ou inattentif, et de nombreux rappels sont faits, pour s’adapter aux plus jeunes mémoires. Le choix du héros est aussi capital, puisqu’ici il est facile pour un enfant de s’identifier à Bilbo: c’est le dernier de la famille, il présente des centres d’intérêts récréatif et une routine légère, proche de l’idée que nous pouvions nous en faire plus jeunes. Les personnages proches font alors figures de tuteurs, et Bilbo comme le lecteur peuvent apprendre de la figure paternelle qu’incarne Gandalf.

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Le Hobbit est donc l’occasion d’apprendre, tout en rêvant. Le cadre est idyllique, mais le chaos est là, et, surprise, tout les problèmes cachent une problématique réaliste. L’argent corrupteur, tout ce qui brille, ne se cache pas que dans le récit, et il est temps pour l’enfant d’apprendre à se garder de la corruption des biens qui brûlent et détruisent. Le héros doit se garder des tentations pour réussir, aussi devrait-on le faire. La comté semble alors la parfaite métaphore du foyer familial, seul endroit où aucune ombre n’inquiète Bilbo.

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Le Seigneur des Anneaux sera si différent dans le ton et la problématique que Tolkien modifiera quelque peu le Hobbit, afin de rayer toute incohérence. L’anneau semble le seul lien entre les oeuvres. Il est difficile de passer les premiers chapitres étant enfant, tant l’intrigue et l’univers sont complexes. L’exercice est celui d’une fresque historique aux envergures titanesques, beaucoup plus sombre que le Hobbit. L’affrontement est moins manichéen, et moins directif. Les héros se révèlent à eux mêmes en s’accomplissant, et les conflits sont multiples et souvent légitimes. La tentation est un adversaire tout aussi important que le chaos, et le combat est alors aussi intérieur qu’extérieur. Certains peuples sont garants de spiritualités en périls, et l’on observe la montée en puissance des hommes, et la décadence d’une multitude de cultures minoritaires.

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Le hobbit raconte une initiation, à laquelle tout enfant peut prétendre. Sortir de la comté, défendre ses valeurs dans un monde où parfois nous sommes seul, et atteindre ce point culminant ou nous délaissons le mal pour la paix, c’est le récit d’une vie. Le seigneur des anneaux commence alors là, lorsque la comté est loin, et le monde plus vaste. Ce n’est plus juste l’histoire d’une volonté, d’un apprentissage, c’est le récit d’un monde qui n’est ni tout blanc ni tout noir. Nous traversons des landes grises en cherchant les nuances, et nous apprenons à garder le cap, dans des milliers de vagues à forme humaine.

 

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