L’intertextualité dans Final Fantasy 14

Cette fois-ci, on s’attaque à un monument, plus imposant encore que The Witcher 3, non pas forcément en terme de renommée, mais en terme de taille.

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Une bien belle queue de dragon

La licence Final Fantasy c’est non pas un univers, mais des univers, qui existent depuis très longtemps (1987 pour être précis, ça fait 32 ans pour ceux qui n’auraient pas envie de compter), et qui ont eu le temps de se construire, de s’enrichir au fil des épisodes pour offrir un contenu et des références de plus en plus fournies.

 

Dans cet article, nous allons nous pencher sur l’un des derniers opus de la licence, Final Fantasy 14. Certes il est sorti en 2010, mais étant un MMORPG il reçoit régulièrement des ajouts de contenu, et c’est ça qui nous intéresse.

 

Plus un jeu prend de l’âge, plus il devient difficile de créer un contenu qui soit totalement original, parfois il faut recycler d’anciennes idées, ou alors on peut également créer des références à des éléments extérieurs. Ces éléments doivent parler aux fans afin que ces derniers les reconnaissent, et cela permet de tisser des liens entre deux univers.

 

C’est là que nous allons parler d’intertextualité, en somme nous allons nous intéresser aux références qui sont faites dans Final Fantasy 14 et leur provenance.

 

Dans cet épisode de la saga, vous affrontez comme boss des « primordiaux », des sortes de divinités qui apparaissent grâce aux prières de leurs fidèles, et à des cristaux, qui sont l’essence des éléments cristallisée. Leur rôle est de répondre aux vœux de leur fidèles, mais chaque primordial possède sa manière de procéder. Pour les connaisseurs de la série, ce sera l’occasion de chaleureuses retrouvailles puisque ces boss possèdent un air de déjà-vu, avec des noms comme Ifrit, Titan, Bahamut, Ramuh, ou encore Shiva et Odin.

final fantasy GIF
Une bien belle vue

Toutefois, même si ces noms trouvent leur écho dans les épisodes précédents, ils possèdent également chacun leur propre histoire, Ifrit renvoie au nom d’un Djinn (un esprit du monde arabe), Titan est le nom des divinités primordiales géantes (notez donc la double référence), fils d’Ouranos et de Gaïa dans la mythologie grecque, Bahamut renvoie au très célèbre dragon, dont on retrouve de (très) nombreuses références à peu près partout et j’en passe d’autres encore.

 

Vous l’aurez donc compris, chacun de ses boss possède un nom qui renvoie à une puissance supérieure, qu’il s’agisse d’une divinité ou d’une créature mythique. On trouve également des références parmi les personnages que l’on croise en jeu, mais la liste serait bien trop longue pour que j’en traite dans un seul article, et ce n’est pas vraiment le but.

 

Le jeu de base Final Fantasy 14 (intitulé A Realm Reborn) fait donc plutôt des références à des noms déjà employés dans ses univers, et qui proviennent de tous les coins du monde, tandis que la méthode change à partir de la première extension.

 

Haevensward (telle est son nom) vous plonge dans un monde de dragons et de neige, au sein d’un conflit millénaires entre les hommes et les monstres mythiques. Là aussi les références pleuvent, mais elles sont beaucoup plus orientées. Square Enix a fait le choix de piocher dans la mythologie nordique, le dragon auprès de qui l’on va chercher des conseils répond au nom de Midgarsormr (qui est le nom du serpent géant, fils de Loki, que l’on retrouve dans l’Edda de Snorri Sturluson, un recueil qui relate la mythologie nordique, oui c’est grossièrement résumé mais un article sera pondu dessus par la suite, il y a tant à en dire). Toujours dans la même veine nous nous battons ensuite contre le dragon Nidhogg (qui est le serpent qui ronge l’une des racines d’Yggdrasil, l’arbre monde, toujours dans l’Edda), puis nous rencontrons Hraesvelgr (je vous cite encore le bouquin ou vous avez saisi ?).

Les références suivent également au niveau des armes les plus puissantes, on aura donc le plaisir de manier l’épée Nothung (qui provient de la tétralogie de Wagner) ou même le bâton Hvergelmir (qui est la source chaude située à Nilfheim dans l’Edda, là où se rencontre le feu et la glace).

 

La seconde extension Stormblood nous emmène cette fois-ci dans des contrées à force connotation asiatique, et cette fois encore, le panthéon change, nous avons cette fois-ci face à nous la primordiale Lakshmi (déesse de la beauté dans la religion hindouiste), et son comparse Susano (Dieu des tempête dans la religion shintoïste). L’architecture se pare également de nuances japonaises et chinoises, on parcourt aussi des steppes qui nous rappellent la sauvagerie d’une Mongolie ancienne.

 

Toutes ces références permettent non seulement de faire des clins d’œil à la culture de chacun, mais sont aussi un moyen pour les créateurs du jeu de construire une certaine cohérence dans leur œuvre, c’est une méthode que l’on retrouve dans de nombreux autres jeux (L’extension Wrath of the Lich King de World of Warcraft, se déroulant dans un continent gelé situé au Nord du monde a aussi affiché ses références à la mythologie scandinave) et offre également aux joueurs un soupçon d’excitation supplémentaire. Après tout, quel meilleur adversaire qu’un dragon légendaire réputé pour sa puissance afin d’aiguiser son talent et ses réflexes ?

Night's King vs Lich King
Un bien beau charisme

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