Découverte : Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski

Aujourd’hui, nous allons étudier un auteur français, j’ai nommé Jean-Philippe Jaworski, et plus précisément de son oeuvre Gagner la guerre.

Publié en 2009 aux éditions Les Moutons électriques, elle décroche le Prix Imaginales du roman francophone la même année, assurant aux yeux de son public le talent de son écriture, dans la continuité de ses autres œuvres.

Qu’est-ce qu’il s’y passe de si bien dans ce livre ?

En terme de scénario, on commence sur du classique : c’est la guerre, on suit le point de vue de Benvenuto Gesufal, le porte-glaive du Podestat Ducatore, avec son mal de mer sur un navire rentrant à bon port après une victoire éclatante de sa faction. Seulement voilà, ca manque de piquant une histoire comme ça, alors rajoutez à ça trois galères de guerres ennemis qui les prennent en chasse dans une course-poursuite effrénée qui vous plonge dans un suspens comme on les aime.

Afin d’éviter tout spoil qui ruinerait le but de cet article, éludons cette partie pour nous concentrer sur le reste. Le roman porte donc sur les aventures de Benvenuto, assassin sorti du caniveau, reconverti en homme de main d’un homme très puissant, qui oscille constamment entre intrigues politiques, manipulations, femmes et combats trépidants. Car si le conflit a été remporté dès le début du roman, la guerre ne se résume pas simplement à des hommes qui meurent, car dans le cas présent, c’est la raison pour laquelle ils meurent qui importent. Gagner la guerre vous entraîne dans les coulisses des récits épiques de bataille, vers les zones d’ombre qu’on tait généralement pour ne pas salir le prestige des héros couverts de sang et de gloire. Vous aurez votre lot de combats entre brutes épaisses, n’en doutez pas, mais vous pourrez aussi apprécier toute l’intelligence des meneurs politiques et de ceux qui veulent juste sauver leur peau.

Quels sont les points positifs de ce livre ?

Après ce synopsis des plus elliptique, passons à du concret. Qu’est-ce qui fait le point fort de ce livre ? Pourquoi lui et pas un autre ?

En tout premier, je dirai le style, volontairement vulgaire, dans un registre qui parait tout d’abord populaire, mais qu’on découvre adapté aux contextes. Bien fou celui qui accuserait l’oeuvre d’être écrit par quelqu’un qui ne maîtrise pas le lyrisme d’un lettré. Jaworski se fend d’un personnage assez patibulaire d’apparence, mais qui recèle en son fort intérieur une intelligence vive, de celle qu’on acquiert lorsqu’on a envie de vivre dans un milieu où tout concoure à vous tuer. Une intelligence qu’il ne manque pas de dépeindre avec un humour caustique qui rend le personnage si attachant. On se surprend bien souvent à se prendre d’amitié pour des caractères que l’on méprise habituellement, et c’est là, je trouve, l’un des avantages de cette oeuvre.

Ensuite viennent les descriptions, pas assez pour en faire un Zola, mais suffisamment pour vous montrer que l’univers créé repose sur des bases solides, imaginées, peaufinées, et surtout imaginables. On se dresse une carte mentale du pays, on voit sans mal les paysages dépeints et on apprécie même les œuvres d’arts disséminés dans les galeries des palais comme si on y était.

Le rythme également est là, on ne s’ennuie pas, on ne décroche pas, le suspens est géré, les révélations distillées au compte-goutte, soumises à l’esprit avisé de Benvenuto qui nous décortique aimablement les machinations politiques qu’il découvre, comme pour mettre son lecteur dans la confidence.

Le point final.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé Gagner la guerre (suffisamment pour en faire un article visiblement), et je vous le recommande chaudement. Son réalisme a un quelque chose de rassurant, d’accessible, et pourtant on y retrouve des pointes de fantasy qui ne manquent pas de satisfaire le lecteur exigeant comme l’amateur qui vient découvrir un nouveau genre. Jaworski vous ouvre les portes d’un univers accessible à tous, et il ne tient qu’à vous d’entreprendre un voyage trépidant vers une destination inconnue.

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