Monster Hunter, ou les adaptations à risque de jeux vidéos

Dévoilé en novembre 2018 par Sony via une image leaké, le film Monster Hunter de la licence Capcom a finalement été annoncé pour septembre 2020.

Alors même que la licence continue sur sa lancée victorieuse (son extension Iceborne sortie le 6 septembre comptabilise déjà 2.5 millions d’exemplaires vendus), cette nouvelle n’a pas forcément été bien accueillie par tout le monde.

Les fans de l’univers mettent en avant le réalisateur choisi, Paul W.S Anderson, qui avait déjà adapté la licence Resident Evil (de Capcom également), adaptation qui avait déçue de nombreuses personnes, donnant ainsi de nombreuses raisons de craindre une récidive de sa part.

Il faut dire qu’en soi, adapter un jeu vidéo en film peut se révéler plus compliqué encore qu’adapter un livre, les enjeux sont différents, mais tout aussi importants.

Il y a tout d’abord le choix de l’adaptation, quel moment choisir ? Plus une licence a d’opus, de personnages, d’histoires, plus le choix est crucial, car en réalisant un film, on doit faire face à des contraintes : Il faut qu’il plaise aux fans chevronnés, mais aussi qu’il puisse permettre aux néophytes de découvrir un nouvel univers.

On ne se rappellera que trop bien du récent film Warcraft, qui avait dû présenter pour la première fois au grand écran plus de vingt ans d’histoire, et avait donc dû choisir un moment-clé. Et plus la licence est conséquente, plus ce choix s’avère difficile, on ne peut pas condenser en deux heures tout le potentiel construit en autant de temps.

Dans le cas de Monster Hunter, ce souci-là est amoindri car le jeu ne possède pas autant de scénario que Warcraft. Attention je ne dis pas qu’il n’y a pas de scénario, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais il n’y a pas de personnages emblématique comme un Lothar ou un Khadgar. Cela a au moins le mérite d’ouvrir un casting plus large, mais en contrepartie le scénariste devra alors lui réfléchir à ce que ses personnages vont devoir véhiculer, puisqu’il faut une certaine cohérence avec l’univers (un minimum !)

Une autre des contraintes à prendre en compte va être le scénario en lui-même. Monster Hunter, c’est avant tout du farm intensif de monstres, et bien que ces derniers soient très réussis graphiquement dans le dernier opus, on ne peut décemment pas montrer deux heures de découpage de Rathalos, ou alors pas sans une bonne raison derrière.

Car c’est bien aussi cela qui inquiète les fans, dans le jeu, la quête principale n’a que pour but de servir de prétexte à la découverte et la chasse de nouveaux monstres, mais ce n’est certainement pas suffisamment pour occuper un spectateur, il faut quelque chose de plus.

Pour finir, il y a la dimension de l’apparence, car si dans le cas d’un livre le visuel peut ne pas correspondre à l’idée, dans le cas d’une adaptation de jeu vidéo, même si on possède déjà le visuel, il faut se demander comment il va être mis en scène. Est-ce que le film va réellement correspondre à l’idée que l’on a du jeu ?

Toutes ces questions ne pourront hélas trouver leur réponse qu’à la sortie du film, même si un trailer est déjà disponible sur la toile, et permet de se faire une (très vague) idée de ce qui nous attend. Dans tous les cas, nous ne pouvons plus qu’attendre et espérer.

 

 

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