Genèse d’un personnage : Jaina Portvaillant de l’univers Warcaft (2/2)

Lorsqu’elle apprend qu’Arthas est toujours en vie l’espoir revient dans le coeur de Jaina, elle qui s’en voulait profondément de l’avoir perdu voit dans son retour la possibilité de le sauver, et à travers ça d’expier ses péchés.

Elle décide d’ignorer sciemment ce qu’il est devenu, un roi qui commande un royaume de morts suivant aveuglement ses désirs, pour se focaliser sur ce qu’il pourrait redevenir : ce jeune homme si doux et chaleureux qu’elle avait connu. Bravant tous les dangers la jeune femme tentera de nombreuses fois de lui parler, d’interagir avec lui pour le ramener “du bon côté”, mais sans succès. En devenant le Roi-Liche, Arthas a abandonné son humanité, ses sentiments et même son cœur, littéralement. Il est devenu plus et moins qu’un homme, son pouvoir nouvellement acquis s’accompagne d’une nouvelle volonté, celle de répandre la mort sur tout Azeroth, et rien ni personne ne pourra l’en dissuader.

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C’est donc avec toujours plus de regrets qui Jaina le verra tomber, et avec lui ses espoirs d’un pardon pour l’avoir abandonné quand il avait besoin d’elle, et c’est le cœur gros qu’elle retournera dans sa ville.

Peu à peu la possibilité de tourner la page semble se profiler à l’horizon pour la jeune femme, elle rencontre Kalec, un dragon bleu, et noue avec lui une relation qui va évoluer vers des sentiments moins communs.

Cette nouvelle romance lui permet de l’apaiser un peu, d’étouffer toute la négativité qui prolifère dans son cœur, d’oublier la douleur au profit de l’amour.

Mais ça ne dure jamais longtemps.

Des voleurs ont dérobé l’Iris de Focalisation, un puissant artefact magique appartenant au clan de Kalec, qui demande alors à Jaina de l’aider à le retrouver avant qu’un malheur n’arrive.

Comme on l’a dit plus tôt, Jaina attire le malheur, et plus elle semble être heureuse, plus dur sera la contrepartie.

L’Iris de focalisation se révèle avoir été dérobée par la Horde sur ordre de Garrosh, le successeur de Thrall, qui décide d’en faire une bombe de mana qu’il largue sur Theramore.

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(Je reviendrais sur cette partie de l’histoire dans un prochain article dédié à Garrosh)

En une fraction de seconde, Jaina voit tous ses amis et tout ce qu’elle a construit réduit en poussière. Sa ville est dévastée et ne pourra plus être rebâtie, les résidus de magie pure agissant comme des radiations, tous ses proches sont morts à l’impact.

Et tout ça causé par cette même Horde qu’elle a protégée, cette Horde pour laquelle elle a laissé son père mourir, avec laquelle elle espérait construire une paix durable.

C’est cet événement qui provoque un basculement majeur dans sa personnalité. Imprégnée par les résidus de magie autant que par le choc d’avoir vu tous ces morts, les cheveux de la jeune femme blanchissent et son cœur durcit, devient froid.

Jaina récupère l’Iris et décide de s’en servir pour sa vengeance, car c’est tout ce qui lui reste désormais, une haine immense pour ces sauvages contre lesquels son père l’avait mis en garde, et l’envie de leur faire payer, des morts pour des morts.

En possession de l’un des artefacts les plus puissants d’Azeroth et débordante de magie, la jeune femme décide de noyer la capitale de la Horde sous les flots, en créant un immense tsunami qui rasera la ville et la nettoiera de l’infection que sont ses habitants.

Dissuadée de peu par Thrall et Kalec, Jaina finit néanmoins par se raviser, mais elle ne révélera pas à son amant que l’Iris est en sa possession.

Dès lors son spectre d’action va se radicaliser, mensonges, génocides, coups bas, elle ne reculera plus devant rien pour voir ses anciens alliés exécutés sur l’autel de sa vengeance.

La perte de Theramore s’apparente à une perte totale de ce qui la constituait, comme si avec la destruction de la ville, c’était ses idéaux qui étaient partis en poussière.

Quand Orgrimmar, la capitale de la Horde, sera envahie et Garrosh appréhendé, elle n’hésitera pas à suggérer à son roi et ami de profiter de l’occasion pour se débarrasser de tous les autres dirigeants de la Horde.

Quand la preuve lui sera apportée qu’il y a des traîtres parmi les membres de la horde au sein de Dalaran, elle n’hésitera pas à appréhender tous les membres, allant jusqu’à vaporiser ceux qui refusent de se soumettre à son jugement.

Peu à peu, et sans même qu’elle ne le réalise, elle devient comme son ennemi, les reproches qu’elle adressait à Garrosh deviennent son apanage, et rien ne semble pouvoir arrêter cette déchéance.

Ironiquement, le destin ne s’acharne plus sur elle, mais à quoi bon de toute manière ? Elle n’a plus rien à perdre. La jeune femme douce et empathique est devenue un monstre dont la puissance n’a d’égale que son manque de pitié.

Peut-on pour autant dire que cela n’a aucun effet sur Jaina ? Pas vraiment, bien au contraire, elle sait au fond d’elle ce qu’elle est devenue, et ce qu’elle a fait pour en arriver là. Ses torts s’accumulent et la mage est seule pour leur faire face.

Aussi, lorsque son roi lui demande d’aller fédérer Kul’Tiras, le royaume dont elle est issue, le royaume dont elle était la princesse, le royaume dont elle a fait tuer le roi, Jaina saute sur l’occasion.

Ce retour au pays sonne pour la jeune femme la fin d’un voyage, parce qu’elle a conscience de ce qui l’y attend.

Un jugement, pour ses crimes, pour ses fautes.

Un jugement prononcée par sa propre mère, qui la condamne à mort, mais à quoi pouvait-elle s’attendre, alors qu’elle-même n’avait pas hésité à tuer des innocents dans sa furie sanguinaire ?

On récolte ce que l’on sème.

Mais Jaina s’y attendait, et loin de le redouter, elle accueille ce jugement comme une délivrance, car cela signifie qu’on la juge enfin pour ses crimes, qu’une sentence a été prononcée et qu’à travers ça elle va pouvoir faire pénitence, même si cela signifie mourir.

Puisque après tout, comme dit plus haut, que lui reste-t-il à perdre ?

Pourtant l’espoir, ce sentiment que Jaina avait abandonné, finit par revenir. Sa mère, consciente que sa fille a dû vivre des horreurs, lui pardonne ses fautes, n’étant pas non plus toute blanche, et à travers ce pardon, la jeune femme parvient à se pardonner elle-même.

On assiste alors à la renaissance d’une Jaina, qui renoue peu à peu avec ses anciennes valeurs, auxquelles se mêle néanmoins l’expérience. Elle n’est plus si naïve, mais également moins encline à la haine et la vengeance. Tout doucement, elle semble remonter la pente.

Mais l’histoire continue de s’écrire, et rien n’est fixé dans la roche, car après tout, n’avons-nous pas vu jusqu’à présent que c’est lorsque tout semble se présenter sous un meilleur jour que le Destin vient redistribuer les cartes ?

C’est la fin de ce premier article sur les personnages de l’univers Warcraft, d’autres viendront par la suite, car ce serait une véritable faute de goût que de passer à côté d’un univers si riche.

Si vous souhaitez découvrir ou comprendre plus de choses de votre côté, vous pourrez trouver les références liées à Jaina dans la liste (non-exhaustive) ci-dessous :

-Wacraft 3 (jeu)

-Wacraft 3 : The Frozen Throne

-World of Warcraft (jeu)

-Les BD sur Varian

-Le déferlement (Livre)

-Arthas : L’ascension du Roi-Liche (livre)

Et sans doute d’autres que j’ai omis et dont je n’ai pas connaissance !

 

 

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1 commentaire

  1. Mais j’adore ça

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