Parler avec les morts : trip sous acides ou enjeu scénaristique ?

Pour le titre j’avais hésité avec “ce qui est mort ne saurait mourir” mais on va pas risquer le copyright.

Parler avec les morts (et non pas les manger) est quelque chose qui a toujours fasciné, il suffit de voir les cérémonies de spiritisme, la planche Ouija, ou même Madame Warren.

Mais pourquoi exactement ?

White Walker Prepare For Winter GIF by Game of Thrones

Lorsqu’on meurt, on quitte la vie (pour d’autres excellentes déductions, retrouvez moi au 221B Baker Street), cela signifie une réelle césure avec le vécu. Le vécu est la somme de l’expérience, en vivant, on emmagasine des connaissances, par ce qu’on ressent et ce qu’on apprend. En passant de l’autre côté, on arrête donc d’expérimenter, on sort de ce cycle. Le mort est par conséquent celui qui peut transmettre son expérience. Un peu comme le vieux sage, sauf que là du coup c’est devenu un sage tout court parce que la mort l’a rendu intemporel.

Prenez par exemple la Divine Comédie, de Dante, dans laquelle le minot s’embarque pour un petit voyage au pays du péché. Au 1er cercle, celui des esprits vertueux non baptisés, il a l’occasion de parler avec eux et d’obtenir leur sagesse. Ils sont morts, attendent le Jugement Dernier et sont tous d’éminents personnages. Les retrouver ici, alors que ces esprits ont quitté le royaume des vivants depuis un bail, c’est un moyen de profiter de leur sagesse une nouvelle fois.

Dans la saga du sorcier à lunette et cicatrice, Dumbledore offre la pierre de résurrection à Harry, afin qu’il puisse revoir ses proches, et ne meurt pas seul. Dans ce moment ou Harry est proche de la mort, et communie avec des personnes au fort taux de décès, il peut enfin comprendre, et rencontrer. C’est à ce moment-là qu’il pourra avoir une vraie bonne discussion, parce que ça fait du bien.

Comprendre, c’est le maître mot de cette histoire, on recherche et convoite les morts pour leur sagesse, parce qu’on est certain que leur nouvel état les place comme symbole de la connaissance. Que cela leur confère une omniscience que les vivants ne peuvent obtenir. Ou tout simplement parce qu’ils ont vécu quelque chose qui nous importe. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains médiums se sont fait connaître, pour entrer en contact avec l’esprit des gens assassiné afin de retrouver leur meurtrier.

Le mort est donc le symbole de la connaissance, mais pas que.

Nous l’avons vu plus haut, passer de vie à trépas signifie franchir un pont entre deux mondes, et on ne peut pas en revenir (niquez-vous les zombies). La frontière qui sépare ces deux univers sépare également les êtres qui les habitent. Les vivants d’un côté, les morts de l’autre (et les poules seront bien gardées). Mais très souvent, lorsque quelqu’un s’en va, il ne permet pas à ses proches de faire leur adieux. En général c’est parce que la mort c’est relativement imprévisible et que ça ne nous demande pas notre avis. Dans le cas des suicidés c’est encore pire : c’est eux qui font le choix de partir, ils laissent parfois un message, mais c’est une communication à sens unique.

Pour les proches restés chez les vivants, l’éternel question demeure : pourquoi ? N’y avait-il pas d’autres alternatives ? S’ensuit alors de longues nuits d’interrogation, de remords, d’incompréhension, et on voudrait pouvoir leur poser la question.

En définitive, derrière la communication avec les morts, comme son nom l’indique, il y a un désir de communiquer, d’obtenir une information, et par extension, la connaissance.

Comme je le souligne tout le temps, l’homme est mené par ses désirs et est prêt à tout pour les accomplir, même si cela implique employer des moyens farfelus, maléfiques ou irraisonnés pour y parvenir. Autant dire que les drogues et les rituels vaudou ont  encore une longue vie devant eux.

 

 

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