Tristan und Isolde : la mort d’amour, c’est ce qu’il a de plus beau.

« Mais aujourd’hui encore, je cherche en vain une œuvre qui ait la même dangereuse fascination, la même effrayante et suave infinitude que Tristan et Isolde. Le monde est pauvre pour celui qui n’a jamais été assez malade pour goûter cette “volupté de l’enfer”. »

— Friedrich NietzscheEcce Homo

Avoir pour fan Nietzsche, en soi c’est déjà un peu un accomplissement. Pourtant, l’opéra Tristan und Isolde de Wagner à bien d’autres qualités, et reste aujourd’hui une pièce incontournable de culture, qui fait toujours son petit effet dans les soirées mondaines. Composé entre 1857 et 1859, les trois actes mettent en musique un poème de Wagner, inspiré par la légende de Tristan et Iseult. Cependant, il est communément admis que l’amour de l’auteur même pour Mathilde Wesendonck a un peu influencé l’intrigue. Le drame nous mène, en peu ou proue quatre heures d’interprétation, à une fin tragique, qui échappe pourtant à la sentence pour se nommer délivrance.

La légende commence en Cornouailles, alors que la suzeraineté du roi d’Irlande est remise en question. Morold, fiancé de Iseult, part au combat, armé d’une épée empoisonnée par sa douce, qui maîtrise super bien l’homéopathie. Pas de chance, Tristan, son rival, opte pour une technique révolutionnaire, à base de décapitation. Cependant, celui-ci est aussi blessé, et, surement à cause d’un vaccin manqué, choppe un mal inconnu et plutôt douloureux. Il comprend que seule Iseult peut le soigner, car pourquoi pas, et plutôt que d’y aller en son nom, vu qu’il vient d’occire son bae, il s’échoue comme une méduse sur la plage. Magie de la légende, c’est Iseult qui le récupère, mais magie des personnes féminins doués de raison, elle comprend direct, notamment parce qu’il reste des morceaux d’épée de Morold dans Tristan. Tu m’étonnes qu’il douillait le bougre. Bref, ni une ni deux, elle choppe le couteau à fromton et elle va pour se venger, mais là, c’est le drame. Tristan se réveille, et la regarde dans les yeux. Bouleversée par cet acting de fou, elle a pitié, et elle le soigne dans l’espoir de jamais le revoir.

Sauf que c’est une légende, donc si.

La paix et scellée, et on refile Iseult au vieux roi. En même temps elle touchait le smic donc bon, elle n’allait pas rester seule. Tristan est envoyé pour la récupérer, mais dans l’histoire elle est pas super contente Iseult en fait.  Elle est pas chaude du mariage avec le roi, et en même temps elle s’en veut d’être amoureuse du seul mec sur la planète qui a tué son ex. Ambiance. Elle demande à sa servante de préparer un poison, et de le donner à elle ET a Tristan, un plan aux petits oignons. La servante n’ayant que très peu envie de devenir à son tour une meurtrière, elle verse plutôt un philtre d’amour, à base de 40% de THC, lourd. Iseult se marie, mais garde un compte séparé et l’amant. Ils s’aiment, ils s’aiment, ils s’aiment tellement qu’il oublie que le jour se lève et que le roi va rentrer du salon de l’agriculture, et bim, ils se font chopper. Tristan est blessé,  on l’emmène sur la plage, Iseult arrive, il meurt. Le roi arrive aussi, pour dire qu’en fait ils les pardonnent et il allait les marier, mais comme il est mort. Iseult écoute absolument pas, elle fait de l’apnée de l’amour, et meurt.

La mort par amour est un objet lyrique par excellence. Si le coup de foudre provoque une intrigue passionnée, qui force les personnages dans un lien qu’ils ne peuvent renier, la mort par amour est la conséquence du premier. l’amour est tellement fort qu’il porte dans la vie, comme dans la mort. C’est l’idée d’un amour transcendant, qui ne connait aucune limite perceptible. La mort est alors une liberté, elle permet d’échapper aux contingences du monde. Cet amour là deviendra un concept à part entière. Plus tard, ça sera ce même amour qui tuera Padmé Amidala, et Tristan mourra pour devenir Darth Vader.

 

 

 

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