Batman et Blackmask : le pardon n’est pas compris dans l’addition

Avec l’arrivée de Birds of prey (and the fabulous Emancipation of One Harley Quinn), Wonder Woman 1984 et autres The Batman en 2020 et 2021, l’Univers Cinématographique DC a de beaux jours devant lui. Marvel n’est pas en reste, avec Black Widow et Eternals, pour 2020 eux aussi. Dans cette débandade de héros, superhéros, vigilant et vilains, les figures défilent sans s’arrêter, faisant des adeptes et des réfractaires. Mais aussi héroïques soient les histoires, c’est toujours un peu de notre monde que l’on parle.

jonah hill ok GIF

C’est en 2020, dans Birds of Prey, que Black Mask se révélera au public. Alors que les bandes annonces se dévoilent, les fans de comics savent déjà tout du grand méchant. Black Mask est un ennemi de Batman, créé par Doug Moench et Tom Mandrake en 1985. Son nom civil est Roman Sionis, et il grandit en même temps que le fameux Bruce Wayne. Cependant, son histoire se construit en miroir de celui-ci. Si Roman est aussi né de parents riches, ils sont si égoïstes qu’ils se dévouent avant tout à leur statut social, et ne voit leur fils que comme un outil. Quoi qu’il puisse arriver au jeune Roman, ses parents se chargent avant tout de le cacher afin de préserver leur image. Il grandit donc en étant intimé au silence, et son masque se forge dans son éducation. Le couple Sionis déteste les Wayne, mais entretient une amitié intéressée avec eux, qu’il force leur fils à imiter. Roman hait lui aussi Bruce, qui représente déjà ce qu’il ne sera jamais. Plus tard il tombe amoureux d’une femme que ses parents désapprouvent, les tuent, et perd la femme, la famille et la fame. Il hérite de Janus Cosmetics, qui porte dans son nom même l’idée de masque et de double, mais là non plus, ça ne marche pas. Roman n’a pas la carrure de son père, et il sombre, en faisant des choix de plus en plus douteux. Bruce Wayne offre alors de racheter l’entreprise, et Sionis accepte, humilié, prêt dans sa rancœur à devenir Black Mask.

Dc Comics GIF by Nerdist.com

Ce qui définit Black Mask, c’est l’échec, et le manque de chance. Manque de chance car il est né dans une mauvaise famille, que ses choix commerciaux sont des erreurs systématiques, et ses échecs sont souvent le reflets de sa colère et de sa rancœur. Il partage un point récurrent des grands méchants de comics : ces adultes ont été des enfants qui n’ont pas connu l’amour et la paix, mais plutôt la haine et la vengeance. Ils ont été utilisés, et deviennent des adultes en insécurité, qui cherchent à prendre le contrôle, ou du moins à exprimer leur colère à grande échelle.  Parmi cela on peut citer Bane, Harvey Dent, Deadshot, Redskull, Jigsaw…la liste est longue.

ben barnes marvel GIF by NETFLIX
Ben Barnes est toujours pretty

Les méchants cultivent un trait de personnalité pour créer leur originalité. Ils sont quelque chose de commun, qui échappe soudain à tout contrôle. Ils sont humains en cela, mais cette humanité s’exprime par la destruction des autres. La superficialité, le nihilisme, l’incompréhension, le manque d’amour, de sentiment… tout cela, dans un extrême, produit un feu qui anime un méchant. Certains méchants sont alors fait pour mourir car leur mort donne de l’espoir face à un concept, et d’autres sont invincibles, car nous échouons devant leur fléau.

Les méchants permettent aussi l’existence des héros. Batman ainsi, est défini par ses actes face à ses adversaires. Son identité ne se construira pas comme celle de Black Mask. Roman naît dans une famille sordide, et de là grandit en sombrant, jusqu’à devenir son masque. Pour Bruce, tout n’est pas que chute. Il grandit dans une bonne famille, et c’est la perte qui le poussera à se relever puis à devenir Batman. Cette trajectoire est d’ailleurs assez révélatrice : lorsqu’un homme remonte la pente, alors notre admiration pour lui est proportionnelle à sa chute. La notion d’équilibre reste alors pantelante derrière, car ici il s’agit d’impressionner. L’exploit justifie l’amour, le héros, et la jalousie. C’est le self-made man, parti de rien et only sky is the limit. La perte permet d’avoir un avant qui véhicule des valeurs positive d’amour et de bonté, et un après douloureux qui sert alors d’épreuve ultime.

Plus le héros tombe bas, plus il y a d’obstacles, plus il est seul et pourtant vainqueur, plus il sera un idéal. La valeur d’un homme se calcule ici à sa capacité à se reconstruire, et plus il a été détruit, plus il devient le légitime représentant de nos valeurs. Il n’y a alors pas de pardon pour ceux qui meurent face à eux, car le contraste est trop grand. Ils ne sont qu’échec et haine, que des âmes au fond d’un trou. Nous pouvons les regretter, leurs trouver des excuses, mais pourtant, ils semblent avoir perdu la guerre de leur vie.

 

Publicités

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :