Point de Discours #2 : Grindelwald, le bien commun et l’armée des bien-pensants.

Dans les Crimes de Grindelwald, nous avons enfin la possibilité de découvrir un peu plus le grand méchant de la saga, Gellert Grindelwald. Ce n’est cependant qu’à la fin de l’intrigue que celui-ci se fend d’un discours efficace, et grandement révélateur, auquel nous allons nous intéresser aujourd’hui.

Lorsque la saga des Animaux Fantastiques nous introduit son grand mage noir, le spectateur n’est pas neutre. En effet, avant même de le voir à l’écran, nous savons par la saga Harry Potter qui il est. Nous connaissons déjà sa mort, son destin, son pouvoir et sa cruauté. Nous le positionnons déjà en antagoniste. En cela nous sommes plus sceptique à son discours et à sa cause. Il est toujours plus facile d’être du bon côté après la guerre. Soyons donc indulgent avec les adeptes, et décryptons les mots doux qu’on leur chante.fantastic beasts trailer GIF

Dans l’amphithéâtre souterrain, Grindelwald choisit de ne pas se placer en position de force déclarée. Contrairement à Voldemort, qui gouverne par la peur qu’il inspire et le pouvoir qu’il promet, Grindelwald trouve plus facile de contrôler par les sentiments, et de donner une illusion de décision. Ainsi, il commence par appeler son public par “Mes frères, mes soeurs, mes amis”. Il se place d’égal à égal, et crée un sentiment d’affection, de dépendance illusoire. Il continue en déclarant que les applaudissement sont pour eux même, non pour lui. Il place donc son audience au coeur du débat, et donne le sentiment qu’il ne détient pas le pouvoir ou la tête de l’assemblée. Ses paroles sont alors celles du plus grand nombre, et sont censées être celles de toutes les bouches présentes.

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Théoriquement, ceux qui écoutent ont alors l’impression d’avoir été entendu, compris, et de trouver en Grindelwald une occasion de se rassembler. Les décisions semblent  presque démocratiques, et s’accordent avec les envies de chacun. Il est facile de se laisser aller à l’envie de se battre pour se libérer. Mais la liberté n’existe pas.

En donnant, en façade, le pouvoir à son audience, Grindelwald renforce leur soumission à la cause, non pas à lui. Ainsi, s’il venait à devoir disparaitre ou à être compromis, le combat continuerait, et il serait en mesure de le diriger, soit pas le biais de fidèles encore dévoués, ou en changeant encore d’apparence, comme avec Graves. Tout cela n’est cependant qu’illusion, puisque c’est bien Grindelwald qui dirige toute l’opération. Cependant, la vraisemblance est là. En effet, plutôt que d’afficher clairement ses désirs et leurs conséquences, le sorcier va faire porter son projet par tout les conséquences positives latérales qu’il implique. Je m’explique. Plutôt que de dire pourquoi il désire égoïstement dévoiler le monde des sorciers, il va donner les raisons qui pousseraient son audience à vouloir c

e projet. Il s’agit de feindre de prendre un chemin, quand le trajet réel est en fait parallèle et plus sombre. Grindelwald s’efface intentionnellement, poussant à l’action d’autres personnes en recherche des mêmes résultats que lui.

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L’autre grande force de Grindelwald réside dans son rapport à l’objectivité. Il essaye en effet de se montrer comme sceptique et impartial, alors que pas du tout, du tout, du tout, du tout, mon bon Géralt. Dans son discours, il cherche dès le début à mettre à mal un préjugé sur sa personne : il n’est pas anti-moldu, et il n’agit pas par haine. Même si une partie de son audience semble l’être, il ne prend pas de risque en se détachant de cela. En effet, il se place en pacifiste et dans une volonté de tolérance, tout en promettant le monde à chacun. Tout le monde trouve donc son compte. Il dit donc n’éprouver ni haine, ni colère, et ne souhaite, en apparence, pas encourager cela. Il s’attire donc les faveurs des moins hardis de son auditoire, et d’une certaine forme de pouvoir. De plus, toute attaque sur sa personne serait injustifié, puisqu’il est pacifique. Au delà des sentiments et des émotions donc, la cause de Grindelwald serait dans la raison. Puisqu’il ne s’agit pas d’une réaction ou d’une attaque à la base, l’origine est plus solidement pensée, et cherche à s’ancrer dans la logique. Il serait en effet normal de penser aux droits de chacun, aux valeurs, et à repenser la norme. En effet, les sociétés évoluent ainsi, en avançant. Il s’agit donc de proposer un progrès, et la cause devient un parti politique.

Pourtant, si Grindelwald cherche à montrer l’objectivité de sa démarche, c’est sur l’individualité et la subjectivité qu’il s’appuie. Ainsi, lorsqu’il choisit de mettre à mal la norme, il prend soin d’énumérer des points qui touchent personnellement son audience. Il met alors dans son camps Queenie, un atout fort puisqu’elle est une Legilimens. S’il dit aller vers le plus grand bien, il cherche tout du moins à aller dans le bien de ceux qui sont suffisamment puissant pour asseoir son pouvoir. Il n’est pas important de convaincre tout le monde, mais avoir les plus puissants à ses pieds, et rendre toutes attaques injustifiées pour les deux camps, c’est une bonne stratégie.

Grindelwald ne fait pas que parler. Il présente aussi ce qui parait être un fait : ses visions. Par cet acte il montre tangiblement une raison à ses fidèles, et il partage aussi son savoir et son pouvoir. Il devient donc un lien avec l’avenir, et un altruiste. Rien que ça. Il montre donc la guerre. La vision peut être un fait, si elle s’avère être vraie, mais il n’en demeure pas moins que l’interprétation qui en est fait est purement subjective. Cependant, elle se pose en simple lecture d’image, et parait donc coller à la réalité. Et alors que Grindelwald s’est dit tolérant et pacifiste, il glisse subtilement un indice sur la cause de cette guerre : les Moldus, et leur soif de pouvoir. Cela est encore une fois dit sans haine et sans colère. Grindelwald la joue fine, et se cache derrière la lassitude et la tristesse. Pauvres Moldus qui se battent et se débattent, si seulement nous pouvions les aider, en prenant le pouvoir et en leur montrant c’est qui les gentils.

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L’horreur de la guerre émeut même Jacob, ancien soldat, et donne le désir à tout le monde d’éviter un nouveau carnage, quelque soit le prix. Le pouvoir des sorciers devient alors une voie vers la paix, un atout pour le monde. Tout ce que Grindelwald propose c’est alors le meilleur, quelque chose de mieux, le plus grand bien.

Le meilleur des mondes. Où tout les choix mènent aux mêmes endroits.

 

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