Point de discours : La Gazette du Sorcier, des arguments tous pourris et des élus dépressifs.

La Gazette du Sorcier est le quotidien le plus connu du monde des sorciers. Elle sort généralement le matin, mais en cas de fait exceptionnel, Le Sorcier du Soir vient la compléter. C’est le plus célèbre média des sorciers de Grande-Bretagne, ce qui fait de lui la principale source d’actualité du monde magique anglais. Ses seuls concurrents sont le Chicaneurs et Sorcières-Hebdo, qui restent tout de même des lectures de niches. La rédaction est normalement indépendante, mais parait tout de même régulièrement soutenir le ministère en place, comme lors de la cinquième année de Harry Potter à Poudlard, ou le journal le traitera de menteur, et Dumbledore de fou. Si le gouvernement semble donc faire pression sur cet outil de propagande utile, la Gazette du Sorcier n’est pas un média politique, et préfère aussi rester divertissant et culturel, et surtout verser dans le sensationnel. En effet, l’objectivité s’efface souvent derrière le frisson et le pathétique, il s’agit avant tout de faire vendre et réagir, parfois au prix de la vérité. En 1996 cependant, année de la découverte du manuel du Prince de Sang-Mêlé par Harry Potter, le journal subit les foudre de certaines familles de sorciers, et tente de sortir du boycott partiel dont il est victime après ces accusations sur Dumbledore et Potter, et son soutient à Fudge.  C’est à cette époque de paraissent ces brèves :

Des rumeurs continuent de courir à propos du mystérieux et récent événement survenu au Ministère de la Magie, durant lequel Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Dire-le-Nom a été vu une fois de plus. « Nous ne sommes pas autorisés à parler de cela, ne me demandez plus rien »,a déclaré un oubliator agité, qui a refusé de donner son nom alors qu’il quittait le Ministère la nuit dernière. Néanmoins des sources haut placées à l’intérieur du Ministère ont confirmé que la plupart des troubles avaient eu lieu dans la légendaire Salle des Prophéties. Bien que les portes-parole du Ministère de la Magie aient refusé jusqu’ici de confirmer l’existence d’un tel lieu, un nombre grandissant de membres de la communauté des sorciers croit que les Mangemorts qui purgent leur condamnation à Azkaban pour effraction et tentative de vol, essayaient de voler une prophétie. Le contenu de cette prophétie est inconnu, bien qu’une rumeur va bon train selon laquelle cette dernière concernerait Harry Potter, la seule personne jamais connue à avoir survécu à un maléfice mortel et qui est aussi connu pour avoir été au Ministère la nuit en question. Certain vont jusqu’à appeler Harry Potter « l’Elu », croyant que la prophétie le nommait comme étant le seul à être capable de nous débarrasser de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Dire-le-Nom. L’emplacement actuel de la prophétie, si celle-ci existe, est inconnu, bien que (suite page 2, colonne 5)

Si le ton est bien plus sage que certains articles acides et amers notamment rédigés par Rita Skeeter, La Gazette ne perd pas ses habitudes. La base de l’article, ce sont des “rumeurs”, à propos d’un “mystérieux” et “récent” événement. On a vu des professeurs d’université s’étouffer pour des sources plus fiables que ça. Les citations mélangent subtilement des arguments d’autorité à un néant absolu, avec la mention des paroles de l’oubliator en particulier. En effet, la mention du métier invite à la confiance, il est en effet plutôt haut gradé, il est aussi en charge de la protection et fait partie d’une structure officielle à la parole encore sûre et forte : on a envie de croire ce qu’il dit. Par contre il ne dit rien. Il reste en effet fidèle à son métier, et invoque son serment à garder le silence, mais demande aussi aux journalistes de laisser la police faire son travail, et d’arrêter de poser des questions. Sur la base d’une rumeur, beaucoup de chose se passent alors. En effet, l’oubliator laisse plus de questions qu’ils n’y en avait au départ : pourquoi le public ne peut pas savoir ? Pourquoi ne faut-il pas poser que question ? Ou est le danger ? Et surtout, la rumeur se voir confirmer par cette absence de réponse. On esquive l’inévitable. Ensuite vient le deuxième argument d’autorité, avec “les sources hauts placées”, qui viennent elles aussi transformer la rumeur en réalité. Cette nouvelle vérité devient un argument de fait pour dire que quelque chose ne va pas. De là part un effet de corrélation qui se déroule de la rumeur à Harry Potter, permettant cette fois d’en faire l’élu. Si la Gazette avait alors refuser cela jusqu’à maintenant, et l’introduit non pas comme pour se repentir, mais comme si elle venait de le découvrir, et qu’elle pouvait prouver. Le quotidien n’a jamais eu tort, puisqu’avant cette rumeur, rien ne lui permettait de dire tout cela. Et la vérité d’ailleurs, repose sur une rumeur. Les “peut-être”, et les croyances permettent de ne jamais s’avancer, et de dire tout et son contraire.

Rufus Scrimgeour, précédemment Chef du Bureau des Aurors du Département de l’Application des Lois, a succédé à Cornelius Fudge comme Ministre de la Magie. La nomination a été grandement saluée par la communauté des sorciers, bien que des rumeurs à propos d’un désaccord entre le nouveau Ministre et Albus Dumbledore, nouvellement rétablit président sorcier du Magenmagot , aient fait surface dans les heures qui ont suivi la prise de pouvoir de Scrimgeour. 21 Les représentants de Scrimgeour ont admis qu’il avait rencontré Dumbledore aussitôt après avoir pris possession de la plus haute fonction, mais ils ont refusé de faire un commentaire sur les sujets abordés au cours de la discussion. Albus Dumbledore est connu pour (suite page 3, colonne 2)

Cet article là permet à La Gazette de lancer une pique à l’autorité, et ainsi de se placer avec la majorité. Dumbledore reprend ses grades, et par cela son importances. Le fait qu’il appuie le ministère devient alors essentiel : tout le monde le respecte, il a donc le pouvoir de transmettre un soutient. Pourtant, ici, les deux parties ne semblent pas soudées : les déclarations sont indirectes, les rumeurs déduisent le reste, et “un désaccord” est déniché. Le gouvernement “admet” qu’il a rencontré le directeur de Poudlard, mais comme on admet un échec. Une division est ainsi marquée. Aucun parti ne souhaite alors communiquer, mais le lecteur peut le sentir : il y a d’un côté Dumbledore et son charisme sublime et solide, et de l’autre le ministère, le même qui a nié le retour de Voldemort. Coup dur pour Scrimgeour.

Sur ces paroles pleines d’optimismes, nous vous souhaitons une belle semaine, et vous donnons rendez-vous lundi prochain pour une nouvelle analyse de discours!

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